REITENBACH Joëlle

 

Née à Wangen en 1972, cette poétesse, qui publie depuis l'âge de quinze ans, participe également à des concerts en chants classiques et gospels. Ses poèmes possèdent toujours une grande portée spirituelle.

 

Sa bibliographie :

 

- Fleurs d'Espérances (1988)

- Lueurs d'Aurore (1989)

- Vivre (1994)

- Relevez vos têtes (1997)

 

FORET EN HIVER

 

 

La neige papillonne dans le ciel cotonneux

Qui se teinte d’un beige lumineux

Les sapins se couvrent de leur manteau d’hiver

Permettant à la faune de se mettre à couvert

Derniers battements d’ailes et pas empressés

Puis le silence vient endormir la forêt enneigée

 

L’horizon se voile et se fond comme un rêve

La vie ralentit l’écoulement de sa sève

Les silhouettes sortant peu à peu du tableau

Le temps s’est emparé du pinceau

 

Demain toute la nature aura revêtu sa robe de mariée

Qui au soleil brillera de milliers de diamants éparpillés

Pour préparer avec le ciel l’enfantement

Des feuilles et nouvelles fleurs du printemps

 

Joëlle Reitenbach

 

 

Le festival des oiseaux

 

 

Des battements d'ailes dans le vent

M'ont éveillé tout doucement.

J'ai entendu de petites pioches

Comme des coups de becs qui accrochent

Les restes du beurre de la veille

Un peu ramolli par le soleil.

 

J'ai ouvert les volets sur la plaine

Et j'ai rajouté quelques graines.

Des oiseaux, les ailes déployées

Dansaient dans le cadre vitré.

 

Extrait du recueil : "Vivre" (éditions ACM).

 

 

 

RELEVEZ VOS TETES

 

 

Assis à côté du fleuve de Vie, courbé

L'eau coule et tu restes les yeux dans la poussière.

Les morsures du temps ne t'ont pas épargné

Les fourbes attaques t'ont fermé la lumière.

 

Jamais aucun regard ne se porte sur toi

En seule aumône on te jette le mépris

Et tu vois l'autre comme s'il était le roi

Ton passé n'est plus qu'un ramassis de débris.

 

La montagne de culpabilité est haute

Tu bats en retraite, tu te recroquevilles

Ecrasé par la faute, tu crois être Faute

Dignité et amour propre sont en guenilles.

 

Tu n'oses plus, tu n'as plus le droit d'exister

Puisqu'on te dit que tu n'es pas celui qu'il faut

Qu'il faut que tu sois et que tu dois l'expier

T'excuser d'être Toi, n'avoir aucun défaut.

 

Mais la Loi de Dieu n'est pas celle des hommes !

 

Sois libre ; libre de tes peurs, de ton passé

Personne n'a le droit d'exiger ton bonheur

Ta vie a été rachetée, tout est payé

N'écoute ni le flatteur, ni l'accusateur.

 

Lève-toi, relève la tête !

Dieu veut des hommes debout ;

Debout et en marche.